Carré noir sur fond blanc

27.000 m

Maître d’ouvrage Ville de Saintes / Europan

Equipe
Signes Ouest, Icomme, Laure Perrot historienne de l’art

Programme 300 logements, commerces,
activités, espaces publics et stationnement

Concours Mars 2008 Lauréat Runner Up

+ Fiche projet

Redonner à Saintes son belvédère, et l’accrocher de nouveau avec la ville existante, composée d’une trame bâtie et végétale très dense, pourvue de nombreux lieux culturels et historiques emblématiques. Permettre que les circulations deviennent naturelles entre ces deux entités – la ville basse et le promontoire. Proposer des logements de qualité, ainsi que des équipements publics qui s’inscrivent en adéquation avec le lieu, tant pour les habitants que pour les gens de passage. Offrir du vide, des respirations, des lieux de contemplation. Imaginer que ce que l’on greffe à la place de l’hôpital Saint-Louis puisse être un jour un élément qui a toujours été là, à l’image de ces citadelles anciennes qui, de leur prestance, dominaient les villes et leur offraient leur protection.

Ainsi, la place du 11 novembre réaménagée permet de tenir la façade urbaine le long du cours Reverseaux. Le marché qui s’y installe réinscrit le lieu dans le quotidien de Saintes. La trame des maisons et des parkings prolonge la configuration de la ville existante. Les deux accès voitures, aménagés le long des deux parkings, jouent le rôle de sas, matérialisant symboliquement l’entrée dans la ville haute, en même temps qu’ils filtrent le flux pour inciter les gens à pénétrer à pied.

Les accroches urbaines, destinées aux piétons, trouvent leur force dans le dialogue que le Corten établit avec la pierre. Plus que des accès, elles sont véritablement pensées comme des connexions nerveuses essentielles.

Alors, en hauteur, le « carré noir sur fond blanc » prend tout son sens. Regrouper le bâti au sein de ce carré permet de ménager un grand vide à l’avant, où prend place le grand parc belvédère.
À l’intérieur du carré, le bâti s’abrite derrière des lames de bois qui unifient l’ensemble de leur enveloppe. Il s’étage, se décline en logements, commerces, lieux d’art, de réflexion et de travail. Il s’imbrique autour de cours publiques, ménageant des îlots secrets gardiens d’atmosphères particulières. L’eau chemine à travers le site, des toits où elle est récupérée, vers les sols où elle est redistribuée en autant de fontaines, bassins, alimentation, devenant un élément prégnant du projet.

Se recrée ainsi un lieu de vie aérien, où la densité et le vide, la pierre et la végétation, le bois et le fer, le verre et l’eau jouent ensemble. Et la citadelle émerge de nouveau.